Les bonnes chansons de flipper

Moi, je sillonne la France, j’écoute le souffle rauque des landes, je pose la main sur les volcans éteints, je, bon, je viens de passer trois jours à Clermont-Ferrand pour parler de Design Patterns (quand je serai grand je ferai Décorateur, non, Observateur, c’est encore mieux payé.) Dans ce nouvel épisode d’extension du domaine de la, j’ai pu découvrir qu’on construisait des hôtels dans des parkings et que ce truc qui passait en boucle dans mon café à flipper l’année dernière c’était La sentinelle, de Luke. Apparemment tout le monde connaît, mais pour ceux qui non, c’est une sorte de Noir Désir du pauvre. Avec un riff à vous transformer en petit chien mécanique qui secoue béât la tête sur la plage arrière et des paroles drôlement engagées qui sentent quand même le pillage du dictionnaire de rimes- du Noir Désir, quoi. Mais putain, ce riff.

Et ça m’amène à parler des chansons de flipper. Une chanson de flipper, c’est le rythme exact de l’état de grâce, ce point dans le temps où vous restez en multiball dix minutes d’affilée, où vous ne devinez même plus la trajectoire des boules, vous les dessinez, où les fourchettes - toutes parfaites - s’exécutent seules sous vos index caleux. Une bonne chanson de flipper accompagne ce moment.

Le sale secret derrière ça, c’est qu’une bonne chanson de flipper n’a pas besoin d’être une bonne chanson. C’est même souvent l’inverse. Faut savoir qu’un flipper ça se joue dans un café, et que dans un café on entend des radios de merde. Et que les radios de merde passent rarement les plus belles chansons du monde ou alors, pas exprès.

Ainsi, la meilleure de toutes les chansons de flipper, celle qui vous assure quatre minutes d’ataraxie, c’est Encore et encore de Cabrel. Je grince tellement des dents en l’avouant que je viens de me pêter trois molaires. Mais c’est vrai, ça a vraiment existé, comme dit l’autre demeuré (cf infra.)

Et puisque de toute façon c’est foutu, je peux dire qu’une autre TRES bonne chanson de flipper c’est Fan de Pascal Obispo.

Oh et puis au point où j’en suis, presque toutes les chansons de Jean-Jacques Goldman sont de bonnes chansons de flipper.

Ma vie sur la table

Parlons un peu de moi.

Quelques remarques sur cette belle journée :

  • Apparemment, l’Amour est un fleuve en Russie, et aboli bibelot se traduit en russe par ?UR?????? ???UR???? (razbita igrashka). Ce qui veut à peu près dire, si je ne m’abuse, joujou oublié. Voilà, c’est tout.
  • Se retrouver seul à une heure du matin et au 33ème étage à batailler contre les famines, les étreintes fatales, les consommateurs Tibco trop lents, les producteurs trop rapides et les .dump /ma qui plantent, c’est à la fois navrant et amusant.
  • Navrant et amusant aussi de devoir expliquer à un collègue croisé dans l’ascenseur qui va au fameux 33ème étage que ce livre dans ce sac fnac, c’est Eden Eden Eden vois-tu, qui est comment dire, tu veux vraiment le savoir, alors disons un long chant huileux et sucré, la guerre d’Algérie entre massacre et partouze, une merveille un peu écoeurante. Bon pour le disque de Katerine c’était plus facile, vois-tu, un type odieux qui fait de l’électro en slip et sous pull mauve.
  • Amusante aussi, cette machine de Turing qui a laissé 97 commentaires en 24 heures pour vanter des sites consacrés en vrac au fétichisme podeux, aux émissions diurnes en réunion, aux attributs sexuels secondaires démesurés et aux joies de la vie à la ferme. Le filtre sur adresse IP a pas trop mal marché, mais ça ne saurait durer.

Un moment de faiblesse

Ce n’est pas très original, mais c’est toujours rigolo, alors voilà, le palmarès international des termes de recherche qui tombent sur ce blog.

  • Vainqueur toutes catégories en nombre de hits
  • sanibroyeur
    là je suis vachement fier quand même

  • Deuxième place, et première position sur google
  • poème sur la 7ème

  • Accessit
  • karatéka et karatéka manchot
    Une honte, je préfère le kung fu

  • La preuve que ma vie a un sens
  • Emmanuelle Devos “mauvaise actrice”
    nains dans le cinema pono (sic)

  • La preuve que rien n’a de sens
  • perruques elvis presley
    gang de mouches

Une rose sous tout autre nom…

J’aime assez que les producteurs de Spermula aient un temps pensé appeler le film de Charles Matton, L’Amour est un fleuve en Russie.

C’est un peu comme si Triple éjac’ dans Brigitte s’était appelé Prolégomènes à une phénoménologie de l’esprit, ou Les Turcs de Jean-Noël René Clair devenait Et tous les autres l’appellent Ali.

On peut imaginer l’inverse, aussi, comme Belle de jour en La bourgeoise tient mieux sur son dos qu’une bique sur ses cornes.

Un peu long comme titre, je sais, mais je m’étais juré de placer l’expression une fois dans ma vie.

On achève bien les chevreaux

On va croire que je m’acharne, mais il faut que je revienne sur ma relation mouvementée avec Valeria Bidule Truc. Tout remonte à une dizaine d’années, quand je suis tombé sur le programmatique “Oublie-moi”, un insupportable objet de quatre-vingt-quinze minutes d’hystérie, de cris, de je-me-roule-par-terre-la-morve-au-nez-en-geignant-que-je-suis-(malheur/amour)euse et regardez comme je suis bonne actrice. Avec Valeria Bruni-Tedeschi dans le rôle tarte.

Depuis, je gémis à chaque apparition de VBT.

Seulement voilà, hier je suis parti dans une dérive IMDB - vous savez, on clique sur un acteur, puis un réalisateur, puis une décoratrice, puis un titre et on se retrouve sur Vampyros Lesbos. Sauf que là je ne me suis pas retrouvé sur Vampyros Lesbos mais sur Oublie-moi. Et vous savez qui joue le second rôle féminin ? Emmanuelle Devos.

(cela dit, le scénario d’Oublie-moi était de la plutôt estimable Sophie Fillières, qui a récemment rendue ED presque supportable dans Gentille, dispose d’une ah merveilleuse soeur sous la forme d’Hélène ah Fillières, a réalisé un très bon Aïe, écrit l’épatant Un homme, un vrai et a surtout réalisé un des meilleurs courts-métrages de tous les temps, Des filles et des chiens.

Comme quoi, rien n’est simple)

Update : je suis en pleine introspection. Je viens de comprendre pourquoi Emmanuelle Devos me dégoûte tant. Elle ressemble à Catharina de Voisin/Voisine. Et j’ai jamais aimé Catharina (mais j’adore Voisin/Voisine.)

Rupdate : je n’arrive pas à croire que Marc Cholodenko ait participé au scénario d’Oublie-moi. Je me suis pincé et j’ai pris la peine de vérifier que c’était bien le même qui avait écrit Le roi des fées. Je suppose qu’il a été pris avec Sophie Fillières dans l’aura de mort de VBT-ED.

Séparées à la naissance

Par une sorte de curiosité malsaine, je suis régulièrement les liens de consanguin pour prendre des nouvelles de la bêbette immonde(*). J’ai mes préférés. Outre l’hilarant Stalker, je ne rate pas un épisode des chroniques homoérotiques version rayon bricolage du BHV de Lorenzo ou les algarades pincées de Justine, la vierge de fer. Ce coup-ci, au bout de deux ou trois liens - ces gens sont terriblement endogames - je suis tombé sur un autre petit facho, qui proposait son radio blog. La sélection était assez prévisible, allant du RAC bas du front - ouais, pléonasme, je sais - à de la oï un peu plus écoutable, en passant par - quelle surprise - du gabber. Ah il y avait aussi du Jean-Pax Mefret. Jean-Pax Mefret c’est le Lalanne (**) des fachos, pour situer.

En fait ce qui m’a foudroyé c’est une photo du nouveau look de Murène Lapone. Jugez Pluto.

La Murène
La Murène

La Bruni
Valeria Bruni Tedeschi

Quand je vous disais que j’aimais pas la Valéria. Maintenant, à tous les coups Alessandra Mussolini va se teindre en brune et ressembler à Emmanuelle Devos.

(*)Au passage, ils sont en pleine dissonnance cognitive en ce moment. Ils ont du mal à savoir qui ils haïssent le plus, des juifs ou des arabes. Ca fait monter d'un cran l'incohérence de leur discours.
(**)Plutôt le Ferrat, en fait, mais c'est plus rigolo de dire Lalanne.